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Article de Psychologie Magazine - Mai 2015

Il y a quelques semaines, une dame me dit qu’elle est à la recherche d’un spécialiste de la médecine des émotions. Deux jours plus tard, j’entends un psychiatre parler de la nécessité de bien gérer les émotions. Et, ce matin, je lis un article sur les nouvelles thérapies des émotions. Mais d’où vient cette idée qu’il faut soigner les émotions ? Éprouver des émotions serait-il le signe d’une pathologie ? « Gérer », « traiter », « guérir » sont-ils des mots appropriés pour parler de la bonne attitude à adopter face à nos émotions ? Je pense que non.

Le concept d’une « médecine des émotions » me paraît révéler une profonde méconnaissance à propos de ce qu’elles sont et, surtout, de ce que nous pouvons en faire. Il faut dire que nous sommes les héritiers d’une culture qui a longtemps diabolisé les phénomènes émotionnels, considérant que ceux-ci perturbaient la sacro-sainte rationalité. Des générations avant nous ont tenté de les maîtriser, de les refouler, voire de les nier. Puis des chercheurs comme Antonio Damasio ont montré que, sans elles, il ne pouvait pas y avoir de véritable rationalité. Car nos émotions sont de l’information ; elles nous renseignent sur la qualité de nos expériences. Elles sont agréables (joie, enthousiasme) quand ce que nous percevons ou ce que nous pensons est bon pour nous. Elles sont désagréables (peur, colère, tristesse) dans le cas contraire. Chacune de nos perceptions génère une émotion qui devient un sentiment qui alimente nos pensées. Et, en retour, chacune de nos pensées génère une émotion qui se manifeste dans notre corps et donne lieu à une perception.

 

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Article de Psychologie Magazine - Avril 2015

atteinte d’un cancer du sein. Malgré les meilleurs traitements, la maladie s’est étendue aux os et aux poumons. Dès lors, Florence se soumet régulièrement à des tests sanguins et à des examens radiologiques qui permettent de suivre l’évolution des métastases et,  dans la foulée, d’adapter les traitements destinés à ralentir leur progression.

Un jour, elle m’appelle, très angoissée. « Ces tests et ces traitements ont certainement contribué à me maintenir en vie, me dit-elle. Pourtant, je voudrais arrêter de me faire suivre de façon aussi régulière car, chaque fois que la date des examens médicaux approche, je vis un enfer. Et l’attente des résultats est encore pire. J’ai alors l’impression que la vie me quitte, je ressens un grand vide dans mon corps ; la joie et l’enthousiasme qui m’aident à tenir le coup disparaissent ; je rumine des idées noires, j’imagine le pire et j’ai très peur. Je suis convaincue que tout ce stress n’est pas bon pour ma santé ! » En écoutant le désarroi de Florence, je me rappelle celui que j’ai éprouvé, il y a une quinzaine d’années, pendant que j’atten dais le résultat d’un test de dépistage du VIH. J’avais alors été stupéfait de constater comment, en quelques heures, parce que je m’étais imaginé que ce test serait positif, j’étais passé d’un état de pleine forme physique et psychique à un état d’anxiété extrême, puis de dépression. J’avais, moi aussi, eu l’impression que la vie me quittait.

 

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Article de Psychologie Magazine - Février 2015

Consternation, incrédulité, colère, peur, dégoût, tristesse. Envie de vomir, de pleurer, de fuir. Envie de tuer. Voilà les états d’âme et d’esprit par lesquels, comme beaucoup sans doute, je suis passé, en apprenant la barbarie qui s’est produite le 7 janvier, à Paris. Et puis je me suis demandé comment de jeunes hommes éduqués au sein d’une nation civilisée comme la France avaient pu en arriver à cette horreur. Comment des enfants qui ont grandi dans un pays de liberté avaient pu commettre une telle atrocité et détruire les fondements mêmes de ce qui leur avait permis d’exister. Bien sûr, les intégristes de tous bords sont capables des pires endoctrinements. Bien sûr, la haine qu’ils encouragent plonge ses racines dans la vase de certaines humiliations du passé. Bien sûr, on peut expliquer la violence qu’ils propagent comme une réponse à des injustices réelles ou fantasmées. Mais cela n’explique pas tout. Les causes de la détestation d’autrui sont multiples. Pourtant, elles ont un antidote simple et universel : l’amour. L’Amour avec un A majuscule : l’acceptation inconditionnelle de soi et des autres.

Pour être capable d’un tel amour, il faut se connaître de l’intérieur, puis s’ouvrir aux autres, découvrir que l’on n’est pas fondamentalement différent d’eux ; et prendre conscience que l’on a tous les mêmes besoins essentiels d’être aimés, de se sentir en sécurité et de vivre apaisés. Cela suppose de ne pas tomber dans le piège des théories que l’on invente pour justifier le désir de se démarquer, de tirer un avantage et de dominer. Nous devrions nous méfier de nos théories.

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Article de Psychologie Magazine - Mars 2015

L’information n’est pas passée inaperçue dans la presse internationale : au mois de novembre dernier, le nouveau Premier ministre indien, Narendra Modi, a annoncé la création d’un ministère consacré aux médecines et pratiques traditionnelles telles que l’ayurvéda, le yoga, l’unani, le siddha et l’homéopathie. Certains journalistes occidentaux y ont vu une tentative des nationalistes hindous – dont fait partie Modi – de favoriser la culture dominante face à la minorité musulmane. D’autres ont suspecté une volonté de prosélytisme de la part d’un Premier ministre fervent pratiquant du yoga. Il est vrai que, deux mois auparavant, l’homme avait demandé à l’ONU d’envisager l’instauration d’une journée mondiale du yoga. Une proposition qui, entre-temps, a reçu le soutien de l’Union européenne par la voix de son président. Toutefois, il me semble que parler de favoritisme, de volonté d’hégémonie ou de prosélytisme ne rend pas objectivement compte de la situation.


En effet, s’il est vrai que le yoga et la médecine ayurvédique sont très liés à la religion hindouiste, dont se réclament 80 % des Indiens, ce n’est absolument pas le cas des autres médecines incluses dans le nouveau ministère. L’unani est une médecine préventive et curative très populaire, héritée de la Grèce antique, développée par les Arabes et importée en Inde par les Perses. Le siddha est une médecine plusieurs fois millénaire apparue bien avant l’hindouisme et toujours pratiquée, notamment dans l’État du Tamil Nadu.

 

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Article de Psychologie Magazine - Janvier 2015

Camille a 17 ans. Depuis deux semaines, elle n’arrête pas de pleurer. Elle ne parvient plus à dormir. Elle est incapable d’étudier. À plusieurs reprises, elle s’est évanouie, faisant ce que l’on appelle une syncope vagale. Ses parents – des amis – ne savent pas comment réagir face à la détresse de leur fille. Ils précisent lui avoir dit qu’elle devait se détendre. « Sois zen, ma chérie ! » Je leur propose de rencontrer Camille. Un rendez-vous est pris dans un bar où la jeune fille a ses habitudes. « Plus mes parents me disent de me détendre, plus je suis angoissée car je n’y parviens pas », m’expliquet‑elle. De retour chez moi, j’appelle mes amis.

Ceux-ci m’affirment qu’ils n’ont aucunement l’intention de mettre la pression sur leur fille : « Nous l’avons toujours laissée faire ce qu’elle voulait ! » Ce que Camille veut, c’est être la meilleure, réussir brillamment son bac et passer le concours d’entrée d’une grande école. Elle est prête à tous les sacrifices pour parvenir à obtenir, un jour, un haut poste dans la fonction publique ou la finance.

En écoutant Camille me raconter son plan de vie, j’ai l’impression d’entendre parler ses parents. Cette façon de valoriser la performance intellectuelle. Cette conviction que le bonheur passe par la reconnaissance sociale. Cette fascination pour la réussite matérielle. Tout y est. Camille me paraît parfaitement endoctrinée. Pourtant, enfant, elle passait son temps à dessiner et à danser. J’imaginais alors qu’elle choisirait une voie artistique. « Je ne danse plus, je ne dessine plus. Je n’ai plus de temps pour cela », constate-t-elle.

 

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Thierry Janssen

Médecin et psychothérapeute

Chirurgien devenu psychothérapeute spécialisé dans l’accompagnement des patients atteints de maladies physiques, Thierry Janssen est l’auteur de plusieurs livres consacrés à une approche globale de l’être humain, au développement de ce que l’on appelle la « médecine intégrative » et à une vision plus spirituelle de la société (www.thierryjanssen.com). Il enseigne au Centre universitaire SigmundFreud, à Paris (www.sfu-paris.fr) et il est le fondateur de l’École de la présence thérapeutique, à Bruxelles (www.edlpt.com).

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Le Travail d’une vie (2001), Vivre en paix (2008), La Solution intérieure (2011), La maladie a-t-elle un sens? (2010), Le Défi positif (2011), Confidences d’un homme en quête de cohérence (2012), tous réédités chez Marabout ou Pocket.