Dire merci est le meilleur moyen d’être heureux
Article de Psychologie Magazine - Février 2013
Noël est déjà loin. Les lumières de la fête se sont éteintes mais, pour bon nombre d'entre nous, elles brilleront longtemps dans les souvenirs. Un beau sapin, de nombreux cadeaux, la famille réunie autour d'un savoureux repas. Lorsque j'y pense, j'éprouve une certaine tristesse car, pour moi, quelque chose est venu ternir ces moments de réjouissance. Un fait qui peut paraître anodin mais que je crois très important. Loin de moi l'idée de faire un procès à quiconque. Néanmoins, j'ai décidé de vous en parler. L'affaire remonte à la nuit du 24 décembre. Nous étions réunis autour de l'arbre. Mes neveux et mes nièces déballaient leurs cadeaux dans l'excitation et la bonne humeur. À peine avaient-ils ouvert un paquet qu'ils se jetaient sur un autre, sans vraiment prendre le temps de découvrir le présent qu'ils venaient de recevoir. Sans, non plus, dire merci à celui ou à celle qui le leur avait offert. Plus tard, nous nous sommes quittés, comme si aucun cadeau n'avait été échangé. Pas une fois au cours de la soirée, ils n'avaient exprimé leur gratitude. Cela m'a fait de la peine. Non pas pour moi mais pour eux.
La danse m'a donné le goût de m'incarner
Article de Psychologie Magazine - Janvier 2013
Imaginez un enfant à l'allure chétive, le thorax déformé, les jambes tordues, mal à l'aise dans son corps, complexé et extrêmement émotif, moqué par ses camarades de classe à cause de sa trop grande sensibilité et, du coup, se tenant à l'écart, condamné à la solitude. Lorsque je me souviens de ce petit garçon, je ressens encore la souffrance que j'éprouvais alors. J'avais peur de tout. Peur des autres, peur de moi, peur de monter sur une chaise ou d'attraper un ballon. Je me tenais en dehors de la vie, j'étais triste et souvent désespéré. Heureusement, vers l'âge de dix ans, j'ai découvert la danse. C'est elle qui m'a sauvé. J'ignore ce qui m'a poussé à danser. Un instinct de survie, probablement. Mais aussi un sens du rythme qui éveillait des émotions fortes lorsque j'écoutais de la musique. Des émotions joyeuses, confiantes et libérées. De la fluidité et du plaisir. Un plaisir vécu dans le corps. Cela n'avait rien à voir avec le contentement que j'éprouvais à la lecture ou à la rêverie. Tout à coup, je me suis autorisé des mouvements que je n'avais jamais osé effectuer auparavant. La danse m'a donné le goût de m'incarner. Plus j'habitais mon corps, plus je désirais en faire l'expérience. Ce fut une découverte à la fois extérieure et intérieure, une exploration de l'espace autour de moi en même temps qu'une appropriation de l'espace en moi. Une source d'apaisement.
Les Gourous Doudous
Leurs ouvrages sont les nouvelles bibles de lecteurs déboussolés. Enquête sur ces experts en bien-vivre qui ont transformé la quête de sens en best-sellers.
ILS NOUS VEULENT LE PLUS GRAND BIEN DU MONDE, enchaînent les tournées en France et à l'étranger, reçoivent des dizaines de lettres et de mails par jour, et chacun de leurs livres déclenche un raz de marée Christophe André, Fredéric Lenoir, Thierry Janssen, Alexandre Jollien et Laurent Gounelle sont les nouvelles stars de la quête de sens Ni people ni prophètes, rois postmodernes de l'empathie, ils font battre les coeurs sensibles en ne proposant rien de plus, rien de moins non plus, qu'un chemin possible vers le bonheur Les ventes cumulées de leurs livres, situés au croisement de la psychologie, de la philosophie, de la spiritualité et de l'expérience personnelle, explosent le box-office Cet automne, les Français dévorent « Sérénité. 25 histoires d'équilibre interieur » de Christophe André (ed Odile Jacob), « La Guénson du monde » de Fréderic Lenoir (ed Fayard), « Confidences d'un homme en quête de cohérence » de Thierry Janssen (éd Les liens qui libèrent), « Le philosophe qui n'était pas sage » de Laurent Gounelle (éd Plon) ou encore « Petit traite de l'abandon» d'Alexandre jollien (éd Seuil) Le succes est parti pour durer, et l'un de ces livres sera peut-être votre prochain cadeau de Noel.
Le temps est venu d’arrêter de tricher
Article de Psychologie Magazine - Décembre 2012
Décembre 2012 : le mois de tous les dangers. Nous y voilà arrivés. La première fois que j'ai entendu parler de cette date fatidique, c'était en 1999. Je venais de mettre un terme à ma carrière de chirurgien et j'avais le projet d'écrire un roman dont l'action se situait entre Paris, Londres, la Californie et la forêt guatémaltèque. Le synopsis mettait en scène une jeune femme inspecteur de police, séduisante et intrépide, confrontée à une secte millénariste qui prédisait la fin du monde pour le 20/12/2012. J'espérais à travers ce thriller esotérico-philosophique partager une réflexion à propos de l'évolution de notre civilisation. Malheureusement, en voulant exposer mes idées, je n'avais pas laissé suffisamment de place à mes personnages. De l'avis de plusieurs éditeurs, mon texte n'était pas assez romanesque. J'aurais mieux fait d'écrire un essai. Les recherches que j'effectuai alors m'amenèrent à consulter une série de documents selon lesquels le calendrier maya prophétisait la fin du monde pour le 20/12/2012. À l'époque, j'étais loin d'imaginer que cette information susciterait autant de passions et ferait la fortune de nombreux auteurs et cinéastes habitués à surfer sur la vague des angoisses collectives.
Il faut arrêter de voler la mort aux gens !
Article de Psychologie Magazine - Novembre 2012
Lionel avait quarante-trois ans lorsqu'une bronchite difficile à guérir l'a incité à consulter un pneumologue. Ce dernier lui diagnostiqua une tumeur cancéreuse au niveau du poumon droit. Malheureusement la chirurgie et la chimiothérapie ne suffirent pas pour arrêter la progression de la maladie. D'autres tumeurs apparurent dans le poumon gauche, puis autour du coeur et dans le cerveau. Loin de se décourager, Lionel consulta d'autres spécialistes, il se rendit même à New York avec l'espoir de pouvoir bénéficier d'un protocole thérapeutique plus efficace. Il ne voulait pas mourir. Quarante-trois ans, quatre enfants encore petits et une épouse sans aucune qualification professionnelle. Il ne pouvait se résoudre à l'idée de partir si tôt. C'était trop tôt. Il voulait tenter l'impossible pour s'en sortir même si, il le savait, ses chances de guérison étaient faibles. Son but n'était pas tant de guérir que de rester en vie le plus longtemps possible. Les médecins lui proposèrent tout ce qu'ils avaient à leur disposition, des traitements les plus classiques aux remèdes encore expérimentaux. Rien n'y fit. Lionel commença à perdre du poids, il s'affaiblit et, après six mois de combat acharné, il dû se résoudre à rester alité, puis à être hospitalisé.
Du chirurgien urologue au "chirurgien de l'âme"
Entretien paru dans la revue Reflets
Depuis de nombreuses années, je suis le parcours de Thierry Janssen. Ce qui me touche en premier lieu, c'est sa capacité à se remettre en question. En 1998 il quitte son métier de chirurgien urologue pour devenir psychothérapeute spécialisé dans l'accompagnement des patients atteints de maladies physiques ou comme il se plait à se nommer « chirurgien de l'âme ». En deuxième lieu, je suis stupéfaite de sa sincérité. Son nouveau livre Confidences d'un homme en quête de cohérence, éd.LLL, en est la preuve. T.R.
Comment êtes-vous venu à la spiritualité ?
Je suis tombé dans la spiritualité vers l'âge de six ans en découvrant la civilisation de l'Égypte ancienne. J'étais un enfant très sensible, je souffrais dans mon corps et j'avais peur des autres. Ma passion pour l'Égypte a été une sorte de refuge. De plus, elle m'a permis d'apprivoiser la mort. Car, à l'époque, ma mère a subi une intervention chirurgicale assez conséquente. Récemment, j'ai retrouvé des dessins où j'avais représenté ma famille en pleurs autour d'un cercueil dans lequel reposait ma mère. Je réalise à quel point j'ai eu peur de la perdre. Ce n'est sans doute pas par hasard si, au moment où elle m'a présenté le chirurgien qui l'avait opérée, j'ai décidé qu'un jour j'exercerais ce métier. Mon enfance a été nourrie par le désir de pratiquer la chirurgie, en même temps qu'elle était motivée par l'envie de devenir égyptologue. Arpag Mekhitarian, dont je parle dans mes Confi dences, m'a permis de suivre une série de cours d'égyptologie, tout au long de mon enfance. À dix-huit ans, habité par des intentions altruistes, j'ai opté pour la chirurgie mais je reste profondément relié à l'Egypte. C'est d'ailleurs sur les bords du Nil que j'ai écrit ce livre.
Hommage à Christiane Singer (NC printemps 2010)

Hommage à Christiane Singer
Le 4 avril 2007, Christiane Singer nous quittait au terme d’un long voyage dont elle laissait quelques derniers fragments dans un murmure apaisé. Trois ans, déjà. Trois années durant lesquelles de nombreuses personnes m’ont confié leur chagrin et leur incompréhension face à ce qu’elles considéraient comme une injustice, un illogisme. Car, s’interrogeaient-elles, comment une femme « aussi évoluée » que Christiane Singer pouvait-elle « avoir attrapé un cancer » ? Comme une personne ayant développé autant de lucidité à propos d’elle-même et des autres avait-elle pu tomber malade ? La question me fut posée à l’issue de presque toutes les conférences que j’ai prononcées depuis le départ de notre amie.
Logique névrotique
Article de Psychologie Magazine - Septembre 2012
Septembre. Que de souvenirs associés à ce mois de rentrée des classes. La cour de récréation, mes camarades, nos jeux, nos joies, nos disputes aussi, nos pleurs et le sentiment de désespoir qui les accompagnait. Le monde de l'enfance est un monde cruel et sans pitié où les rapports interpersonnels sont vécus au premier degré, noyés dans l'émotion sans être passés à travers le filtre de la raison. Un monde de vérité où il n'est pas permis de tricher. Je me rappelle de Thibault que nous appelions « le marsien ». Il passait son temps seul, à l'écart, persuadé que les autres écoliers ne l'appréciaient pas et n'accepteraient jamais de l'inclure dans leurs jeux. C'était pourtant un garçon formidable, doté d'une imagination débordante, extrêmement sensible. Probablement trop sensible. À force d'avoir peur d'être rejeté par les autres, il s'excluait lui-même et finissait par provoquer le rejet qu'il redoutait. Convaincu qu'il n'y avait pas de place pour lui, il ne prenait pas sa place et laissait les autres occuper le terrain ce qui, au bout du compte, lui permettait d'affirmer qu'il avait raison de penser qu'il n'y aurait jamais de place de pour lui. Je me souviens de Yves, « le geignard », qui se plaignait à longueur de journée. Nous l'appelions aussi « pot de colle » tant il était fusionnel et exclusif dans ses relations avec nous. Je réalise aujourd'hui qu'en fait ce garçon avait peur d'être abandonné.
Principe de précaution (NC hiver 2009)

Principe de précaution
Il y a quelques mois, j’assistai à un débat télévisé sur l’avenir de la médecine. Une médecine qualifiée de « système de santé » par l’un des éminents professeurs présents sur le plateau. Très rapidement, la discussion porta sur la prudence qui, d’après un auteur de science-fiction, était indispensable lorsque l’on introduisait de nouvelles technologies à l’hôpital. Un militant écologiste en profita pour plaider en faveur des précautions à respecter lorsque l’on introduisait de nouvelles substances chimiques dans l’environnement. Un dirigeant de l’industrie pharmaceutique lui rétorqua que les produits chimiques faisaient l’objet de tests prouvant leur innocuité. L’écologiste lui répondit que ces tests ne tenaient pas compte des interactions possibles entre différentes molécules qui, prises séparément, ne sont pas dangereuses pour la santé mais qui, lorsqu’elles agissent en synergie avec d’autres substances, peuvent devenir pathogènes. Un médecin acquiesça de la tête. Un autre leva les yeux au ciel.
L’animal en nous
Article de Psychologie Magazine - Juillet 2012
Shin Dong-hyuk est né en 1982 dans le Camp 14, le plus pénible des camps de travail de la Corée du Nord. Son père et sa mère ont été condamnés à être emprisonnés à vie à cause de leur parenté avec des « ennemis du régime ». Ils ont acquis le droit de s'unir en dépassant leur quota de production, en espionnant leurs co-détenus et en dénonçant toutes infractions aux règles du camp. Ils n'ont pas pu choisir leur conjoint et, à l'occasion de leurs « noces », ils n'ont été autorisés à dormir ensemble que cinq nuits consécutives. Shin n'a jamais rien connu d'autre que les punitions corporelles et les privations physiques. Il vit avec sa mère et son frère, en compétition permanente pour obtenir un peu de nourriture. Sa mère lui vole sa ration, il vole sa mère. Et lorsqu'il a trop faim, il fouille les excréments des vaches pour y récupérer quelques grains de maïs. Les jours de chance, il capture quelques insectes ou un rat qu'il mange cru. Il ne voit pratiquement jamais son père, détenu dans un autre endroit du camp. Sa mère le bat. Comme des centaines d'autres enfants, Shin est un produit du Camp 14, le cobaye d'une expérimentation de déshumanisation. À l'âge de 14 ans, afin d'échapper aux représailles de ses gardiens, il dénonce un plan d'évasion élaboré en secret par son frère et sa mère.
Jusqu'au bout de la logique (NC automne 2009)

Jusqu’au bout de la logique
Hervé a quarante-cinq ans, une femme, deux enfants et un travail qui le passionne ; il est directeur du marketing dans une importante fabrique de confiseries. Malheureusement, Hervé a aussi un héritage familial qui l’a conduit à déclencher un diabète quelques jours avant son quarante-quatrième anniversaire. « Mon médecin est formel, explique t-il. Le fait que mon père et mon grand-père aient été sujets à l’hyperglycémie me prédisposait à cette maladie. La tendance à avoir trop de sucre dans le sang serait donc familiale. Cependant, mon médecin a ajouté que mes mauvaises habitudes alimentaires y étaient aussi pour quelque chose. Je me serais fabriqué mon diabète, conclut-il. »
De retour de Dharamsala
Article de Psychologie Magazine - Juin 2012
Il y a quelques semaines, je me suis rendu à Dharamsala, afin d'y visiter une série de projets humanitaires financés par Graines d'Avenir1 – une association sans but lucratif créée par mon amie Véronique Jannot et récemment fusionnée avec l'association Nyanjay Compassion dont je suis le parrain depuis plusieurs années. Dharamsala est le siège du gouvernement tibétain en exil et la résidence officielle du 14ème dalaï lama. Depuis plus de cinquante ans, des dizaines de milliers de Tibétains y ont trouvé refuge avant de s'installer en Inde, au Népal ou dans les pays occidentaux. Environ vingt mille exilés y séjournent dans des conditions très précaires. Des logements exigus, non chauffés et sans confort, des hivers froids, une courte saison ensoleillée et trois mois de mousson très arrosés ; un manque cruel de débouchés professionnels. Déracinés, isolés et sans famille, de nombreux réfugiés survivent tant bien que mal grâce à l'aide humanitaire. Plus de deux mille enfants vivent dans les TCV (Tibetan Children's Villages)2 créés par Jetsun Pema, la soeur cadette du dalaï lama. Ils sont orphelins ou séparés de leurs parents qui les ont envoyés en Inde afin de leur épargner les brimades et les tortures des autorités chinoises.
Lutter autrement contre le cancer

Entretien posté sur le site www.la-maison-du-cancer.com
LMC : Nombre de personnes ressentent un sentiment aigu de culpabilité lorsqu’ils apprennent leur état cancéreux. Pourquoi ?
Thierry Janssen : La maladie constitue une période chaos intense, nous perdons nos repères, nos certitudes s’évanouissent et notre impression de toute-puissance se révèle être une illusion. Cela nous fragilise, nous redevenons alors comme un petit enfant, dépendant, et nous espérons rencontrer une autorité qui détient les solutions pour notre survie. Nous remettons donc volontiers notre pouvoir à autrui, aux soignants que nous voyons comme des parents. De plus, influencé par une pensée magique enfantine, nous avons tendance à croire que si la maladie nous pénalise c’est parce que nous avons fait quelque chose de mal. Ce sentiment de culpabilité ne recouvre aucune réalité. Au lieu de culpabiliser, l’adulte que nous sommes devrait plutôt assumer sa responsabilité face à la maladie. Car, il n’y a pas d’effets sans causes. La plupart du temps, nos maladies et a fortiori les cancers sont d’origine multifactorielle. Souvent la multitude et la complexité des causes impliquées nous dépassent. Cela ne devrait pas nous décourager car seule une meilleure compréhension des synergies à l’œuvre entre toutes ces causes pourra nous permettre de réduire le nombre des malades. Ainsi, par exemple, on sait que le tabagisme est une cause de cancers du poumon ; la dépression psychologique quant à elle ne provoque pas de cancers du poumon ; mais le tabagisme allié à une dépression est beaucoup plus cancérigène que s’il est pratiqué par des individus non dépressifs. Ce n’est qu’un exemple, qui ne tient pas compte de toute une série d’autres facteurs comme les pollutions environnementales ou des déséquilibres alimentaires. Au diable la culpabilité. Mais il est temps d’assumer nos responsabilités individuelles et collectives face aux cancers. Il est temps de penser à une vraie prévention.
Plaidoyer pour l’altruisme
Article de Psychologie Magazine - Mai 2012
Sept milliards d'êtres humains sur une petite planète dont les ressources naturelles s'épuisent à grande vitesse, confrontés à un réchauffement climatique qui risque de modifier les priorités. Occupation des terres arables, exploitation des réserves énergétiques, partage de la nourriture, accès à l'eau potable. L'un des enjeux majeurs du XXIème siècle est sans nul doute la cohabitation pacifique entre les peuples et, au sein des peuples, la coopération entre les citoyens. Je pense donc qu'il n'y a pas de sujet plus urgent à débattre que celui de l'entraide et de l'altruisme. Pour beaucoup de gens, le véritable altruisme n'existe pas . Que faut-il penser alors de ces expérimentations où des singes se privent de nourriture afin d'éviter qu'une décharge éléctrique soit infligée à leurs congénères ? Existe-t-il chez certains animaux la potentialité d'une générosité gratuite envers autrui dans le seul souci de son bien-être ? De nombreux exemples observés dans la nature tendent à le prouver : des mâles primates forment un pont avec leurs corps au péril de leur vie afin de permettre à une mère et à son petit de passer d'un arbre à l'autre, des éléphants s'occupent d'une vieille femelle aveugle, des dauphins soutiennent leur compagnon blessé pour le faire respirer à la surface.
Bon courage ! (NC été 2009)

Bon courage !
Ecoutons-nous ce que nous disons ? Cette question peut paraître anodine, futile, voire même stupide. Et pourtant, lorsque l’on prend la peine d’y répondre, on découvre que nous ne sommes pas toujours conscients des intentions contenues dans nos discours. Pour s’en persuader, il suffit de prêter l’oreille aux formules habituellement utilisées pour clôturer les rencontres humaines. « Au revoir », « à bientôt », « good luck » (« bonne chance »), « take care » (« prenez bien soin de vous »), « que tout aille bien », « bonne route »…, et « bon courage » ! L’inventaire est vaste et tellement révélateur de notre manière de penser.
Ainsi, par exemple, « au revoir » ou « à bientôt ». Ces mots expriment le souhait d’une nouvelle rencontre, d’un lien qui se perpétue dans le temps et, peut-être même – si l’intonation avec laquelle ils sont prononcés est en demande – le désir d’instaurer une véritable dépendance dans la relation… « A bientôt, j’espère ! » Cette petite phrase ne traduit pas du tout la même intention qu’une expression comme « take care ». « Prenez bien soin de vous » ne comporte pas le projet d’une nouvelle rencontre. Au contraire, cette formule enjoint à celui qui est quitté d’assumer son chemin tout seul, comme un grand ; et elle laisse entrevoir une certaine confiance dans le fait que l’autre a en lui les ressources nécessaires pour y
parvenir.
Attention à la pathologisation !
Article de Psychologie Magazine - Avril 2012
Il y a quelques semaines, j'ai rencontré une jeune femme atteinte d'un cancer du sein avec des métastases aux poumons. Dès l'annonce du diagnostic, huit ans auparavant, cette patiente avait manifesté un optimisme à toute épreuve. À chaque mauvaise nouvelle, elle avait réagi en trouvant une raison de continuer à se battre. Son oncologue ne comprenait pas comment elle pouvait être encore en vie et, surtout, il s'étonnait qu'elle conserve un si bon moral. Persuadé qu'elle allait bientôt perdre courage, il lui avait recommandé de consulter un psychiatre. Le verdict de ce médecin avait été sans appel : pour lui, la patiente était dans le déni de sa maladie, elle refusait de voir la vérité en face, son attitude masquait une dépression. Il lui prescrivit donc un antidépresseur. La jeune femme eut beau protester en affirmant qu'elle était très lucide quant à son état de santé, le psychiatre ne voulut rien entendre. « Je refuse que l'on m'empêche d'avoir une raison de vivre, lui répondit la patiente. Pour l'instant, je souhaite trouver le moyen de prolonger mon existence afin de profiter le plus longtemps possible de ma famille et de mes amis. Comment peut-on dire qu'il s'agit d'une attitude dépressive ?
Le cancer, au-delà des croyances

Conférence prononcée aux Entretiens de Millancay, le 3 octobre 2008.
On ne peut pas s’intéresser au cancer sans en aborder les différents aspects psychiques, psychologiques et sociaux. Ceux-ci sont au cœur de ma pratique d’accompagnement des malades. Or, au cours de cette pratique, j’ai été interpellé par le fait que de nombreux patients ont spontanément tendance à rattacher leurs problèmes de santé à un évènement ou à des circonstances de vie qui ont été difficiles à vivre d’un point de vue émotionnel. Une étude scandinave révèle que 40 % des femmes interrogées, atteintes d’un cancer du sein, sont convaincues que leur maladie est la conséquence d’un traumatisme psychologique, une situation émotionnellement mal vécue qui se serait produite dans les mois qui ont précédés le diagnostic du cancer. Or, lorsque l’on effectue des études rétrospectives, un lien de causalité entre un traumatisme psychologique et le déclenchement d’un cancer est loin d’être prouvé. Sans doute parce que, si lien il y a, celui-ci participe d’un ensemble de causes dont la synergie favorise le déclenchement de la maladie. Comme la plupart des pathologies, le cancer est une maladie multifactorielle.
Tenir un journal
Article de Psychologie Magazine - Mars 2012
Lorsque j'ai commencé à parcourir le chemin qui mène à une meilleure connaissance de soi, spontanément je me suis mis à écrire de manière quotidienne dans un cahier. J'y consignais mes impressions, mes émotions et les pensées qui les accompagnaient. Parfois cela se résumait à une phrase, un mot, un dessin ou une couleur posée sur la papier. L'important était pour moi de parvenir à exprimer ce qui se passait à l'intérieur de moi, de pouvoir contempler celui que j'étais, de prendre le recul nécessaire pour comprendre la complexité qui me constituait. Jour après jour, je créais dans mon journal un espace intime dans lequel je découvrais mes peurs et mes croyances, mes conditionnements et mes défenses, mes contradictions et mes aveuglements. L'écriture fut un formidable moyen de me réveiller. Quinze ans plus tard, elle reste une bonne façon de ne pas me rendormir. À condition de la pratiquer de manière régulière, sans complaisance, avec une sorte d' « intransigeance bienveillante » faite d'objectivité et de compassion. Il s'agit d'oser s'avouer ce que l'on pense profondément, sans jugement, en acceptant celui que nous sommes inconditionnellement.
Du bon usage des crises (NC printemps 2009)

Du bon usage des crises…
C’est la crise ! Voilà trente ans que l’on nous rabâche les oreilles avec cette affirmation. On finissait par s’y habituer. Seulement voilà, depuis quelques mois, c’est du sérieux. C’est vraiment la crise ! Et, tous les médias s’accordent pour nous rassurer sur un fait : nous avons raison d’avoir peur. Articles de presse, débats radiophoniques, information télévisée : il y a de quoi être terrorisé. Et pourtant…
Toutes les crises ne sont pas forcément des catastrophes. Il est peut-être temps de s’en rappeler. Car, quelle que soit la situation critique à laquelle nous sommes confrontés, celle-ci est le résultat d’une cascade de causes et d’effets. Chaque crise comporte donc un risque, le danger de ne pas comprendre les causes qui nous ont plongés dans le chaos et, du coup, la menace de nous y enfoncer davantage. En même temps, chacune de nos crises est une occasion inespérée d’identifier les raisons de son apparition. On peut donc considérer que chacune de nos crises constitue une opportunité de changer certaines causes afin d’obtenir d’autres effets. Ainsi, chacune de nos crises peut devenir une chance. A condition de bien vouloir envisager l’aspect positif du chaos – passage nécessaire à la naissance d’un nouvel équilibre.
Eloge de l’ennui
Article de Psychologie Magazine - Février 2012
La semaine dernière, lors d'une consultation, une maman épuisée me confiait son « ras-lebol ». Elle n'en pouvait plus de passer son temps à « jouer les chauffeurs » pour conduire ses trois enfants à toute une série d'activités, le soir après les cours ou le mercredi après-midi lorsqu'il n'y a pas école. Judo, leçons de piano et atelier de peinture pour son fils aîné. Cours de danse, natation, initiation à la broderie et tennis pour sa fille. Hockey, violon et théâtre pour son fils cadet. Sans compter les rendez-vous chez le dentiste, les achats de matériel scolaire et, de temps en temps, une séance au cinéma. « Au moins, ils n'ont pas le temps de s'ennuyer », me dit-elle avec fierté. Sans doute, mais est-ce réellement une bonne chose ? Faut-il éviter l'ennui à tout prix ? De plus en plus de voix s'élèvent parmi les psychologues et les pédagogues pour s'insurger contre les « emplois du temps de ministres » que l'on impose aux enfants. Trop occupés à « faire », nos bambins n'ont plus l'occasion d'apprendre à « être ».
Interview magazine Santé Intégrative 01/2009
Interview du Dr Thierry Janssen au sujet de son dernier livre :
La maladie a-t-elle un sens ?
Enquête au-delà des croyances
Alain Gourhant (magazine Santé Intégrative): pourquoi avez-vous écrit ce livre, à ce stade de votre parcours ?
Thierry Janssen : la raison est d'abord personnelle : quand je travaillais à l'hôpital, je ne me rendais pas compte du besoin de sens des patients que j'opérais. Je n'imaginais pas à quel point il était important pour eux de trouver une explication à ce qu'ils vivaient. Je ne soupçonnais pas que ces patients cherchaient à intégrer leur maladie à leur parcours de vie, afin de trouver un sens à leur expérience et définir une direction à leur existence. Depuis que j'accompagne les malades en tant que psychothérapeute, je me rends compte que cette question du sens est primordiale ; pouvoir y répondre correspond à un besoin fundamental pour l'être humain. J'ai donc été amené à m'interroger afin d'élargir le champ de ma réflexion. Vous savez, il y a un monde entre l'exercice de la chirurgie et la pratique de la psychothérapie. Est-ce que vraiment la maladie a un sens? Et, si elle a un sens, quel est-il? Comment y répondre, comment aider les patients face à cette question? Ce nouveau livre rend compte d'une réflexion personnelle éclairée par les connaissances de ma culture – une culture scientifique, contemporaine, occidentale.
N’oublions pas l’altruisme
Entretien paru dans le magazine Inexploré de janvier-mars 2012
Sept milliards d'êtres humains sur une petite planète dont les ressources naturelles s'épuisent à grande vitesse, confrontés à un réchauffement climatique qui risque de modifier les priorités. On le pressent, l'un des enjeux majeurs du XXI ème siècle est celui de la cohabitation pacifique entre les peuples et, au sein des peuples, entre les citoyens. Il n'y a donc pas de sujet plus urgent à débattre que celui de l'altruisme. Cependant, ne nous leurrons pas, un tel débat est périlleux car, pour beaucoup de gens, l'altruisme n'existe pas ; il ne serait qu'un égoïsme habillé de bons sentiments, une idéologie hypocrite permettant d'échapper à la honte et à la culpabilité provoquée par l'égoïsme, une tentative narcissique d'éviter une éventuelle punition ou d'obtenir une gratification.
Interview revue Alliance
Entretien avec Thierry Janssen (propos recueillis par Nathalie Calmé pour la revue Alliance)
En 1998, vous démissionnez soudainement du centre de cancérologie de l’université de Bruxelles, « fatigué, dites-vous, d’une spécialisation à outrance qui empêche de voir le
malade derrière l’organe et l’être humain derrière le malade ». Comment en êtes-vous arrivé à cette décision radicale ? J’avais tout sacrifié à ma carrière médicale et chirurgicale. Je m’étais enfermé dans une course à gravir les échelons de la hiérarchie académique. Depuis l’enfance, je rêvais de devenir chirurgien et professeur de médecine pour enseigner.
A l’âge de 35 ans, j’ai commencé à me sentir très à l’étroit dans mon métier. Je fonctionnais comme une machine performante dans une médecine dont l’esprit est lui-même très
mécaniste. Mon inconfort était tel que je me suis mis à somatiser. J’avais le dos couvert d’eczéma et je faisais des conjonctivites à répétition.
J’ai fini par obtenir ma nomination dans le centre de cancérologie de l’université de Bruxelles. Et, le jour de mon entrée en fonction, sans aucune préméditation, subitement, j’ai réalisé que si je prenais ce poste, j’allais tuer quelque chose de profond, d’essentiel en moi qui demandait à être exploré, à se révéler, à s’exprimer. Je suis entré dans mon nouveau bureau et j’ai écrit ma lettre de démission. Faire ce choix a libéré en moi une force incroyable ! Une certitude
inébranlable. Evidemment, par la suite, il a fallu en assumer les conséquences en affrontant le regard des autres qui pensaient que j’étais devenu complètement fou.
Combat stérile
Article de Psychologie Magazine - Janvier 2012
Parmi les nombreux courriels que je reçois sur mon site web, un certain nombre me sont envoyés par des psychanalystes qui m'accusent de faire la promotion des psychothérapies cognitivo-comportementales. Selon eux, ces « thérapies » ne sont, en fait, que des « gadgets » et des « recettes » destinées à faire fonctionner les gens en dépit de leur mal-être. La seule motivation des thérapeutes qui les proposent serait de créer du bonheur à tout prix, sans respecter la liberté des individus. Un jour, une psychanalyste particulièrement courroucée m'a reproché de faire l'apologie de la méditation, n'y voyant qu'un moyen de calmer l'angoisse sans permettre de guérir la souffrance en profondeur. Chaque fois que je reçois ce genre de courrier, je m'étonne car mon travail de thérapeute, d'auteur et de conférencier n'est pas de promouvoir une quelconque approche thérapeutique au détriment d'une autre. Au contraire, j'essaie toujours de comprendre les avantages et les limites de chaque proposition de traitement ou d'accompagnement afin d'établir des ponts entre les différentes alternatives.
Entre corps et esprit, une science du lien

En s’intéressant de près aux interactions entre le corps et l’esprit, la science accompagne l’émergence d’un nouveau paradigme.
Nous empruntons parfois de longs détours avant d’accepter certaines évidences remplies de bon sens. Et pour cause : de vieilles croyances nous empêchent d’envisager la réalité sous un angle neuf. Aveuglés par nos réponses toutes faites, nous sommes alors incapables de nous poser de nouvelles questions et, sans nous en rendre compte, nous vivons à la lumière de dogmes bien obscures. Songeons qu’au XVIIème siècle des philosophes comme John Locke affirmaient : « la négation de la nature est la voie du bonheur ». Curieux siècle des Lumières où l’homme s’attribua la mission d’influencer, de contrôler et de dominer la nature considérée comme une ennemie. Redoutable croyance qui, trois cents ans plus tard, nous incite encore à nier cette nature dont nous sommes constitués et dont nous faisons partie. C’est pourtant grâce à cette posture « en dehors du monde » que la science occidentale a connu ses plus grands développements. Réduire la réalité à ses constituants les plus infimes a permis la description de nombreux mécanismes du vivant. Malheureusement, à force d’analyser les détails, le réductionnisme scientifique est privé de la vision globale nécessaire pour reconstituer l’ensemble du puzzle. « La vie ne réside pas dans les molécules mais dans les relations qui s’établissent entre elles », faisait remarquer Linus Pauling, lauréat des prix Nobel de chimie et de la paix. Le tissu du vivant est fait de liens. Ce sont précisément ces liens que la science du XXIème siècle va devoir étudier si elle veut rester au service de la vie.
Souvenir de Chine
Article de Psychologie Magazine - Décembre 2011
Décembre est l'occasion pour moi de me remémorer les bonnes choses vécues aux cours des onze mois qui ont précédé. Des rencontres amicales, des fêtes en famille, quelques bons films, des livres passionnants, de belles journées ensoleillées, une nuit de pleine lune, la caresse du vent lors d'une promenade en montagne, d'heureux hasards, de jolies surprises, des petits voyages, de plus grands déplacements. Lorsque j'y pense, j'éprouve une grande gratitude pour ces cadeaux de la vie. La liste est longue et constituée d'événements trop intimes pour en faire, ici, l'inventaire détaillé. Cependant, j'aimerais vous raconter un de ces événements survenu au cours d'un voyage en Chine, au printemps, à Beijing. C'était le 25 avril, jour de mon anniversaire.
Interview revue Canopée
Interview de Sylvain Michelet pour la revue Canopée 2007
Etonnant Thierry Janssen ! Chirurgien de renom, assistant à la faculté, nommé dans le centre de cancérologie de l’université de Bruxelles, il démissionne soudain, fatigué d’une spécialisation à outrance qui l’empêche de « voir le malade derrière l’organe et l’être humain derrière le malade ». Formé à d’autres approches, devenu guérisseur autant que médecin, il revient avec un livre événement, La Solution Intérieure. Dans cette synthèse, sans polémique mais richement documentée, des recherches menées par la science occidentale sur les effets de thérapies faisant appel à d’autres conceptions de l’homme, il en explique avec simplicité les fondements, dessinant l’avenir d’une « nouvelle médecine du corps et de l’esprit ».
Le défi positif. Interview de Thierry Janssen au sujet de son nouveau livre

Article du magazine Santé Intégrative - Décembre 2011
Après nous avoir raconté sa récente retraite en Egypte, l’auteur nous explique pourquoi il a appelé son livre Le défi positif, puis, il nous éclaire sur les les trois conceptions du bonheur.
Alain Gourhant : Vous sortez d'une période de silence de plus de deux ans, que vous appelez une retraite. Que signifie ce mot "retraite" et que s'est-il passé pour vous pendant ces deux ans ?
Thierry Janssen : En 2009, je me suis retrouvé dans une situation périlleuse, au sens où je suis tombé malade. Je me suis senti responsable de cette situation, car suite à la parution du livre La maladie a-t-elle un sens ?, j'ai répondu à de très nombreuses sollicitations. J'ai donné plus de 200 conférences dans 7 pays différents. J'étais épuisé. Or, plus j'avance, plus j'ai besoin de préserver un espace à l'intérieur de moi, un lieu de paix et de silence. Lorsque je n'y arrive pas, j'éprouve de l'agacement, je deviens irritable. En 2009, je ne vivais plus qu'à l'extérieur de moi, je suis tombé malade. Cela a commencé par une grippe que j'ai mal soignée puis, au mois de mars, l'infection virale s'est compliquée d'une paralysie faciale droite. J'ai tout d'abord cru à un accident vasculaire cérébral, j'ai eu très peur. Alors que j'étais hospitalisé à la Salpêtrière à Paris, sous hautes doses de cortisone, j'étais très fâché contre moi-même car j'avais fait exactement le contraire de ce que je recommande aux autres de faire. Je m'étais considéré au-dessus des lois du bon sens qui demandent de respecter les besoins essentiels. Il était temps que je consacre à nouveau du temps à mon travail intérieur. Il fallait que j'arrête de répondre à toutes les demandes de consultations, de conférences ou d'apparitions dans les médias. C'était mon "petit ego" qui m'avait entraîné dans cette spirale infernale. Or ce "petit ego" n'est qu'une réponse à la peur, la peur qu'on ne lise pas mes livres, la peur de ne pas obtenir suffisamment de reconnaissance, la peur de ne pas être aimé. Je pourrais bien entendu aussi dire que j'avais le souci de propager un message humaniste car rien n'est tout blanc ou tout noir. Néanmoins, au-delà de cette bonne intention, il y avait les peurs absurdes de cet ego tyrannique, capable de me mettre en danger. Lorsque je m'éloigne de mes besoins essentiels, j'ai l'habitude de me demander ce que j'aimerais faire, s'il me restait peu de temps à vivre.
Le besoin de Héros

Article de la LLEH du 02/04/2006
Divinités de la mythologie, ancêtres idéalisés ou figures légendaires de l’Histoire, les héros de notre imaginaire représentent une source d’inspiration fertile. Celle-ci nous invite au dépassement de nous-même. Le stimulus est puissant, indispensable peut-être. Dès lors, certains sociologues s’interrogent. Car, dans une époque où les références religieuses, le culte des morts et les connaissances historiques s’estompent, les nouveaux héros de la presse people remplacent peut-être les modèles exemplaires du passé. Le succès de certains magazines semble confirmer cette hypothèse. Aurions-nous besoin d’être fascinés par l’un ou l’autre personnage emblématique ? De nombreux psychologues pensent que oui. Et, selon une étude réalisée par Robert Deaner de l’université de Durham, nous partagerions cette propension avec nos cousins les singes. En effet, des macaques mâles adultes préfèrent se passer de nourriture plutôt que d’être privés de la possibilité de contempler des photographies des mâles dominants de leur groupe. En revanche, regarder les photos des mâles dominés ne les intéresse guère. L’attrait pour les stars de la horde se révèle donc une priorité. Et Deaner a montré que cette attirance est au moins aussi importante que l’intérêt manifesté pour les organes sexuels des femelles de l’espèce !
Etre des amis
Article de Psychologie Magazine - Novembre 2011
Il est une croyance extrêmement répandue selon laquelle nous sommes condamnés à nous battre et à nous livrer une véritable compétition les uns contre les autres. Cette théorie du struggle for life est née de l'interprétation des travaux de Charles Darwin par le sociologue anglais Herbert Spencer. Darwin s'insurgea contre cette « application brutale du principe de la sélection naturelle au sein des sociétés humaines ». Car l'idée que la vie ne peut se perpétuer qu'à travers un combat ne tient pas la route. Pour s'en convaincre, il suffit d'observer les exemples de coopération chez les abeilles, les termites ou les fourmis. Ou de se rappeler que nos lointains ancêtres des temps préhistoriques étaient bien trop peu nombreux pour se permettre le luxe de s'entretuer ; il leur fallait plutôt s'entraider et collaborer pour survivre. Pourtant les théories du « darwinisme social » de Spencer ont fini par imprégner l'ensemble de la civilisation occidentale, au point d'influencer les meilleurs scientifiques. Ainsi par exemple, dans les années 1930, le physiologiste américain Walter Cannon a affirmé que, face aux situations stressantes, nous n'avons pas d'autre choix que celui de nous battre ou de prendre la fuite. Lorsque l'on m'enseigna cette théorie de la réponse fight or flight, sur les bancs de la faculté de médecine, au début des années 1980, je fus sceptique.
Pour une médecine intégrée

Pour une médecine plus efficace, plus humaine et moins chère, la médecine scientifique devrait s'intéresser de près aux acquis des médecines traditionnelles tels que l'acupuncture, l'hypnose ou le yoga.
Une étude publiée en 2002 par le gouvernement américain révèle que 36 pc de la population recourent aux "médecines alternatives et complémentaires". Médecines chinoises et ayurvédique, acupuncturen homéopathie, phytothérapie, psycothérapie, méditation, hypnose, yoga, tai chi, qigong, massage, chiropraxie, osthéopathie, toucher thérapeutique, reiki. Les dépenses consacrées à ces pratiques représentent plusieurs millards de dollars que les malades que les malades n'hésitent pas à débourser sans aucune aide financière. Cette tendance se vérifie dans la plupart des pays occidentaux puisque, d'après l'étude, la proportion des consomateurs des soins médicaux non conventionnels varie de 20 à 50 pc, voir même 65 pc au Japon.
Le choix des mots
Article de Psychologie Magazine - Octobre 2011
Lorsque j'ai commencé à m'intéresser au rôle des affects dans la santé, j'ai été étonné par le choix des adjectifs utilisés pour qualifier nos émotions. En effet, les mots « positif » et « négatif » me paraissaient un peu trop subjectifs pour décrire les phénomènes émotionnels d'une manière objective. Un ami psychologue m'affirma que ces adjectifs décrivaient les conséquences, heureuses ou malheureuses, des différentes émotions. Cette explication ne me convainquit pas. Car les émotions dites positives n'ont pas toujours des effets positifs. Par exemple, des personnes trop enthousiastes peuvent se leurrer et prendre des risques inconsidérés qui mettent leur vie en danger, ou bien certains malades trop confiants minimisent leurs symptômes et ne se soignent pas comme il faudrait. De la même manière, les émotions dites négatives n'ont pas forcément des effets négatifs. Ainsi, la peur provoquée par des événements menaçants permet d'éviter certains dangers, tandis que la colère exprimée de façon non agressive peut se révéler être une formidable force de créativité.
Intuitions indiennes

Article de la LLEH du 03/03/2006
Doté d’un cerveau composé de deux hémisphères, chacun de nous appréhende la réalité de manières très différentes. Et pour cause : notre cerveau gauche est spécialisé dans l’analyse et les raisonnements logiques, il décrypte le monde dans ses moindres détails. Notre cerveau droit, de son côté, est capable de percevoir l’information d’une manière métaphorique et analogique, il crée des liens et développe une pensée intuitive et globale. Si le cerveau gauche était un mathématicien, le droit serait un poète. Raison ou intuition ? Analyse détaillée ou vision d’ensemble ? La réponse à cette question est souvent un choix culturel.
« Les meilleurs remèdes : oser le plaisir et trouver du sens »

Article de Psychologie Magazine France - Octobre 2011
Psychologies : Pourquoi nous sentons-nous stressés de façon permanente ?
Thierry Janssen : Nous avons construit notre société sur un mode hédoniste et matérialiste qui nous fait confondre bonheur avec jouissance et confort. Du coup, nous faisons tout pour éviter l’inconfort. Nous produisons et nous consommons beaucoup pour nous protéger, nous divertir et nous apaiser. Cela nous oblige à vivre dans une tension continue. D’autant plus qu’il existe un phénomène que l’on appelle l’« adaptation hédonique », en vertu duquel nous ne sommes jamais suffisamment rassasiés. Le cercle est vicieux. Habitués au confort, nous supportons de moins en moins les contrariétés. Nous nous croyons tout-puissants et nous sommes prêts à tout pour l’être. Le prix que nous payons est ce stress chronique que nous éprouvons.
La méditation : une médecine d'avant-garde?
En direct de Washington…
LA MEDITATION : UNE MEDECINE D’AVANT-GARDE ?
Du 8 au 10 novembre 2005, plusieurs scientifiques de renommée internationale rencontraient le dalaï-lama et d’autres personnalités du monde spirituel pour débattre des bases scientifiques et des applications cliniques de la méditation. Organisées par le Mind and Life Institute, ces trois journées se déroulaient à Washington, juste avant l’ouverture du Congrès annuel de la Society for Neuroscience où le dalaï-lama était invité à prendre la parole.
Nous avons un potentiel positif. Le défi, c’est de l’exprimer!

Article de Psychologie Magazine Belgique - Septembre 2011
Psychologies : Vous avez fait le choix in extremis de ne pas publier votre avant dernier livre écrit sur le thème de la cohérence…par souci de cohérence. En quoi a-t-il inspiré votre nouvel opus ?
Thierry Janssen : J’ai nourri Le Défi positif, non pas du propos, mais de l’intention de mon livre sur la cohérence. Un ouvrage que j’ai abandonné sur une clé USB, glissée dans une anfractuosité rocheuse de la Vallée des Rois, en Égypte (Rires). Quand j’ai décidé de ne pas le publier, j’ai cru que je n’écrirais plus. Puis le désir est revenu. A posteriori, je me rends compte que j’avais brûlé une étape. Je n’avais pas été cohérent par rapport à mon projet de départ qui était d’écrire une trilogie à propos de la médecine, de la maladie et de la bonne santé.
Rire fait rire

Article de la LLEH du 03/12/2005
La Tanzanie s’appelait encore Tanganyika, lorsqu’en 1962, une étrange épidémie se déclara au sein d’un collège religieux pour jeunes filles. En quelques semaines, comme un feu se répand dans la brousse, des dizaines d’élèves furent prises d’accès de rire et d’agitation qui duraient quelques minutes ou plusieurs heures, se répétaient au cours de la journée, et persistaient parfois jusqu’à deux semaines d’affilée. Très vite, les portes de l’institution durent fermer et les jeunes filles furent renvoyées chez elles, propageant l’épidémie au sein de leur famille, de leur village et d’autres écoles de la région. Durant deux années et demi, 14 écoles furent contaminées par la vague des fous rire et seule la mise en quarantaine des villages infectés permit de mettre un terme à ce fléau comique. Aucune cause toxique ou physiologique n’a pu être mise en évidence. On en conclut que l’épidémie était d’origine psychologique, déclenchée par un phénomène de synchronisme social auquel l’être humain – animal social s’il en est – semble particulièrement sensible. « Riez et tout le monde rira avec vous », écrivait Ella Wheeler Wilcox. Comme les bâillements, les pleurs ou la toux, le rire se propage au sein des groupes humains dans une succession de réactions en chaîne, immédiates et incontrôlables.
Gratitude

Article de Psychologie Magazine - Septembre 2011
Assis à la terrasse d'un café, je lisais paisiblement mon journal au soleil, lorsque j'ai surpris la conversation d'une mère avec son enfant. Je devrais plutôt dire : la colère d'un enfant à l'égard de sa mère, car le bambin manifestait avec véhémence sa frustration de ne pas avoir obtenu une crème glacée en plus de la mousse au chocolat qu'il venait d'avaler. Furieuse, sa mère lui rétorqua qu'il aurait au moins pu la remercier pour ce bon dessert. « La gratitude est le zèle d'amour par lequel nous nous efforçons de faire du bien à celui qui nous en a fait, en vertu d'un pareil sentiment d'amour envers nous », écrivait, au XVIIe siècle, le philosophe hollandais Baruch Spinoza. La gratitude est le désir de donner du plaisir en retour d'un plaisir reçu. Au XVIIIe siècle, l'économiste écossais Adam Smith la considérait comme « un sentiment essentiel, un gage de paix et de pérennité pour les sociétés humaines ».
Je suis timide mais...
Article de la LLEH du 05/11/2005
Manque de confiance en soi, peur de décevoir, sentiment d’être inintéressant, conviction de paraître ridicule. « S’il faut agir, je ne sais que faire; s’il faut parler, je ne sais que dire; si on me regarde, je suis décontenancé », écrivait Jean-Jacques Rousseau dans ses Confessions. « La timidité a été le fléau de toute ma vie », avouait Montesquieu dans Mes Pensées. Car la vie du timide est faite d’occasions manquées, d’isolement et de frustrations. La tentation d’éviter les situations embarrassantes est grande. Et la peur de rougir, une obsession. Ereutophobie, dit-on en langage savant. Le drame du timide est alors de voir ses prophéties se réaliser. Et pour cause : à force de redouter de trembler ou de rougir, il finit par provoquer les réactions du corps qui trahissent sa crainte et son malaise. Car le corps ne triche pas. La timidité est toujours l’occasion d’un stress intense : l’adrénaline coule à flot dans les artères, les battements du cœur s’accélèrent, les muscles se tendent, l’estomac se contracte, des gouttes de sueur perlent sur le front, les mains sont moites, les joues chauffent. L’organisme tout entier est en alerte. L’inconfort est maximal. Il y a une dizaine d’année, une enquête révélait que 60% des Français se considéraient timides. Parfois, le trouble tourne à la véritable phobie : terrorisé, l’individu annule ses rendez-vous, il ne répond pas au téléphone, il ne correspond que par e-mail et, s’il doit quand même affronter le regard de l’autre, il se donne du courage en consommant de l’alcool. Cette anxiété sociale toucherait 2 à 10% de la population.
Décalage estival
Article de Psychologie Magazine - Juillet 2011
C'est l'été, nous allons enfin pouvoir nous reposer. Le temps est venu de prendre des vacances. Chaque année, des millions de gens répètent ce rituel sans la moindre hésitation. Car la plupart d'entre nous en sommes convaincus : les beaux jours sont faits pour être chômés. Pourtant, d'après les chronobiologistes qui étudient l'évolution des rythmes de notre corps, il semble que nous nous trompions. Pour eux, l'été est la meilleure saison, non pas pour se reposer, mais pour travailler ! Et pour cause : les beaux jours apportent des fruits et de légumes gorgés de soleil, de la lumière, des vitamines, et tout ce qu'il faut pour stimuler notre organisme. Nous sommes alors en pleine forme, débordant d'énergie pour accomplir les plus lourdes tâches. L'hiver, en revanche, notre alimentation est carencée, nous manquons de lumière, nos défenses immunitaires sont moins performantes, l'activité de nos organes ralentit, notre corps est fragilisé, nous sommes plus sensibles aux infections.
Les promesses de l'optimisme

Article de la LLEH du 01/10/2005
Martin Seligman est né pessismiste. C’est probablement la raison pour laquelle il passe sa vie à défendre les vertus de l’optimisme. Professeur de psychologie à l’Université de Pennsylvanie, cet homme au faciès arrondi de bonne humeur est devenu le chef de file d’un nouveau courant de la psychologie : la Psychologie Positive. Car, pour lui, « être psychologue représente bien davantage que soigner des maladies mentales. C’est aussi, et peut-être avant tout, aider les gens à sortir le meilleur d’eux-mêmes. » Longtemps, la psychologie ne s’est intéressée qu’aux émotions négatives. On savait que des sentiments comme la peur ou la colère permettent de déclencher les réflexes nécessaires à la survie. Le rôle des émotions positives était moins clair. À l’Université Cornell aux États-Unis, la psychologue Alice Eisen a demandé à des personnes de compléter des suites de mots par un mot en accord avec les précédents. Par exemple : nuit, marché et humour pouvaient être complétés par le mot noir. Invariablement, les personnes réussissaient le test avec plus de facilité si elles étaient de bonne humeur et capables d’optimisme. Une série d’autres tests confirment ces résultats : un état d’esprit positif améliore les capacités cognitives et stimule la créativité. Ainsi, les personnes d’humeur chagrine se concentrent sur des détails, alors que les gens joyeux tiennent compte de l’ensemble de l’information et sont prêts à remettre leurs croyances en question. Pour Barbara Fredrickson, directrice du laboratoire de recherche sur les émotions positives à l’Université du Michigan, le fait de pouvoir éprouver des sentiments positifs représente un avantage évolutif considérable. La démonstration est évidente : en augmentant les capacités d’imagination, une attitude optimiste permet d’inventer de nouvelles solutions, et, donc, aide à mieux résister face aux évènements traumatisants de l’existence. De plus, le fait de cultiver des émotions positives permet de se sentir mieux dans sa peau et, par conséquent, renforce les liens sociaux indispensables à la survie de l’individu.
Procrastination
Article de Psychologie Magazine - Juin 2011
Qui n’a pas remis à plus tard une tâche contraignante, préférant faire autre chose que ce qui devrait être fait ? Personnellement, cela m’arrive fréquemment, notamment lorsque je « dois » rédiger une chronique pour Psychologies Magazine. Je perds alors beaucoup de temps à surfer sur internet, je trouve toutes sortes de prétextes pour quitter mon bureau, j’en arrive même à rentrer chez moi ou bien à faire des courses qui auraient pu attendre la fin de mon travail. N’importe quelle excuse est bonne pour éviter de me mettre à l’ouvrage. En fait, beaucoup de gens reportent sans cesse le moment de commencer leur travail, ils se distraient en s’engageant dans de multiples activités. Malheureusement, ils n’en profitent pas vraiment car, au fond d’eux, ils savent qu’ils devraient être en train de travailler. Ils ne s’investissent pas complètement dans ce qu’ils font, leur énergie est bloquée par leur propre résistance et leurs atermoiements finissent par les épuiser.
Le paradoxe de l'épicurien
Article de la LLEH du 03/09/2005
Une vaste enquête menée par le psychologue américain Mihaly Csikszentmihalyi, auprès d’une centaine d’hommes et de femmes, interrogés à différents moments de la journée durant une semaine, révèle que la plupart des gens éprouvent davantage d’expériences positives au travail que pendant les périodes de loisirs. On se serait attendu au contraire. Et pourtant : au travail, les sujets interrogés se déclarent stimulés par des défis, heureux, créatifs et joyeux; en revanche, durant leur temps libre, ils se sentent passifs, ils utilisent peu leurs capacités et ils sont insatisfaits. Plus étonnant encore : en dépit d’une plus grande satisfaction procurée par le travail que par les loisirs, la majorité des personnes de l’étude souhaitaient travailler moins et avoir plus de temps libre ! Comment expliquer ce paradoxe ? Sans doute par l’influence d’un stéréotype profondément ancré dans la conscience collective : le travail est une activité non désirable, à éviter. À part pour quelques « originaux » qui font du travail leur loisir préféré. Linus Pauling, par exemple, prix Nobel de chimie et de la paix, déclarait : « je peux tout aussi bien dire que j’ai travaillé sans arrêt toute ma vie ou que je n’ai jamais travaillé. » Autre explication à cette étrange attitude de rejet du travail par des gens satisfaits de travailler : la nécessité de récupérer. En effet, il n’est pas possible de maintenir une activité intense et une forte concentration sans s’arrêter
Trop d’impuissance
Article de Psychologie Magazine - Mai 2011
La terre tremble au Japon, un tsunami ravage un pays, une centrale nucléaire laisse échapper des éléments radioactifs, l'air, l'eau et la terre sont contaminés par une pollution hautement toxique et totalement invisible. Des hommes et des femmes trouvent refuge dans des abris de fortune et tentent de survivre à l'horreur. Les morts sont enfouis sous les décombres, le chagrin est immense, le deuil impossible. Le peuple gronde en Tunisie, la foule exprime sa colère au Caire, un peu partout dans le monde arabe, des voix s'élèvent pour réclamer plus de justice, de liberté et de paix. Les chefs d'états font semblant de ne pas entendre ces revendications, ils minimisent la situation, ils diabolisent les insurgés et finissent par utiliser la violence pour les réduire au silence. Des bombes s'abattent sur les Libyens, une répression sanglante est menée contre les Syriens. L'avenir est incertain.
Sculpter notre cerveau

Article de la LLEH du 06/06/2005
Dix fois, cent fois, mille fois, Jean répète son geste. Infatigable, en bon golfeur, il sait qu’il n’y a pas d’autres moyens pour améliorer la performance. Il faut que son geste devienne automatique, fluide et précis à la fois. La victoire est à ce prix. Une heure, dix heures, cent heures, Isabelle joue et rejoue un concerto pour piano. Persévérante, cette musicienne ne rechigne devant aucun effort. Ses doigts doivent toucher l’ivoire à la vitesse de l’éclair, dans un enchaînement d’accords qui raviront l’oreille des mélomanes avertis. Nous le savons tous : apprendre nécessite un entraînement. Ce que nous ignorons peut-être c’est que celui-ci provoque de profondes modifications dans notre cerveau. Le cerveau : cent milliards de neurones, dix mille connexions par neurones, un million de milliards de connexions. Un immense réseau parcouru d’influx électriques à la vitesse vertigineuse de 300 kilomètres/heure. On le croyait figé, incapable de régénération ou de réorganisation. Depuis quelques années, on sait qu’il n’en est rien. Au contraire, cet amas de neurones est le siège de remaniements constants. Certaines connexions, peu utilisées, tendent à disparaître alors que d’autres, plus sollicitées, se renforcent. Des circuits neuronaux sont activés ou désactivés en fonction des nécessités. Il existe donc une véritable plasticité neuronale. Celle-ci est à la base des mécanismes du conditionnement, de la mémoire et de l’apprentissage. Elle sous-tend nos capacités d’adaptation.
Vous avez dit « anti-âge » ?
Article de Psychologie Magazine - Avril 2011
Il y a quelques mois, un confrère médecin m’invita à devenir le président d’une société de « médecine anti-âge ». Parce que, d’après lui, je défendais des idées en résonance avec les principes de cette discipline qui combat les effets de la vieillesse. Sur le moment, j’ai cru à un canular car quiconque a lu mes ouvrages sait que ma pensée est à l’opposé de celle qui génère des stratégies « anti-âge ». Cependant, mon interlocuteur insista en disant que mon livre La solution intérieure s’inscrivait parfaitement dans la lutte qu’il menait contre les effets du temps. Cela me rappela une conversation, quinze ans auparavant, avec le responsable d’une compagnie pharmaceutique qui essayait de me convaincre du fait que la vieillesse était une « horrible maladie » contre laquelle la médecine devait se battre à tout prix.
Respirez !

Article de la LLEH du 07/05/2005
Quelle est votre définition du stress ? Le concept du stress a été introduit en médecine par un endocrinologue, Hans Seyle. Son travail remonte au premier tiers du 20e siècle. Le mot est un anglicisme, mais on y retrouve la racine du verbe latin stringere, « resserrer ». Le stress se manifeste chaque fois qu’une situation nous dépasse. On a le sentiment d’être à l’étroit, incapable de trouver une réponse appropriée, comme enfermé dans une impasse. Le resserrement est psychologique, mais aussi physique. Les muscles sont tendus, le corps est en alerte, nos systèmes de défense sont mobilisés.
Le courage du désespoir
Article de Psychologie Magazine - Mars 2011
Il y a exactement un an, je vivais au milieu de la campagne égyptienne, sur la rive ouest du Nil, à une centaine de mètres du temple de Médinet Habu, aux pieds de la montagne thébaine, non loin d'un canyon où furent inhumées quelquesunes des plus grandes reines de la civilisation pharaonique, à quelques pas des ruines d'un village jadis peuplé par les ouvriers et les artisans qui ont creusé et décoré les tombes de la Vallée des rois. Je réalisais un rêve d'enfance, au cours d'une retraite de plusieurs mois consacrée à la méditation et à l'écriture, dans le souci de poursuivre le « travail intérieur » que j'avais un peu délaissé ces dernières années au profit d'un trop grand nombre de conférences et de consultations. L'Égypte est une passion, une civilisation qui m'a fasciné dès l'âge de cinq ans, un pays que j'ai appris à connaître à l'occasion de fréquents séjours – une quinzaine en trente ans.
L'argent, miroir de nos peurs

Article de la LLEH du 02/04/2005
« Connais-toi toi-même, tu connaîtras les autres, les dieux et l’univers. » Serions-nous donc tous les mêmes ? Derrière leurs caractéristiques particulières, nos personnalités partageraient-elles des points communs à tous les humains ? C’est en tous les cas ce que de nombreux psychiatres, psychologues et psychothérapeutes découvrent au contact de ceux qui les consultent. Comme si les expériences de la vie, en apparence uniques et exceptionnelles, cachaient des traumatismes très semblables. Ainsi, les expériences difficiles de notre vie forment le creuset de notre personnalité. Nos stratégies de survie construisent notre individualité.
Après l’extase, la lessive
Article de Psychologie Magazine - Février 2011
Récemment, une dame bien intentionnée m'a recommandé de lire les ouvrages de Lobsang Rampa car, me dit-elle, ils permettent de découvrir le chemin qui mène à l'éveil. Je lui répondis que ceux-ci avaient enchanté mon adolescence, il y a plus de trente ans. Le troisième oeil, tout d'abord, paru en 1956, qui est encore, de nos jours, un succès de librairie, où l'auteur raconte son enfance dans une lamaserie tibétaine, initié et « éveillé » afin de « voir les gens tels qu'ils sont et non plus comme ils font semblant d'être ». Le Lama médecin, ensuite, où le jeune Lobsang quitte le Tibet pour étudier la médecine en Chine, apprend à piloter des avions, s'engage dans l'armée, est fait prisonnier par les Japonais et finit par s'évader.
La santé sous influence

Article de la LLEH du 05/03/2005
On estime que 60 à 70% des patients répondent par un effet placebo à différents traitements. Certains pensent même que tout acte thérapeutique comporte un effet qui ne dépend pas spécifiquement du traitement mais plutôt de facteurs inhérents à la relation entre le thérapeute et le malade. Cependant ce qui marche dans un contexte culturel donné ne marchera pas forcément dans un autre. Les formules magiques des sorciers africains produiront peu d’effet sur un patient hospitalisé à New York ou à Bruxelles. Par contre, dans l’environnement thérapeutique occidental, le nombre de pilules prescrites, la taille des comprimés et leur couleur influence l’effet obtenu. Ainsi, la prise de deux comprimés d’un placebo est plus efficace que l’ingestion d’un seul. Les gélules et les capsules sont perçues comme plus bénéfiques que les comprimés. Les comprimés blancs, bleus et verts apaisent. Les jaunes, les rouges
et les oranges stimulent.
Bon courage !
Article de Psychologie Magazine - Janvier 2011
Voici donc arrivé le début d'une nouvelle année. C'est le moment de se souhaiter plein de bonnes choses. Je ne me déroberai pas à la tradition. Je vous souhaite donc une bonne vie, une belle vie. Oui, vous avez bien lu : je ne vous parle pas de bonne santé. Tout simplement parce que je rencontre tous les jours des malades qui, malgré leurs souffrances et leurs difficultés, me disent qu'ils ont une bonne et une belle vie. Je ne vous parle pas non plus d'une heureuse année. Car, le bonheur ne tombe pas du ciel, il dépend souvent de la manière dont nous jugeons les évènements de notre vie. Il dépend surtout de la façon dont nous vivons notre existence. Les anciens Grecs avaient un très joli mot pour parler du bonheur : l'eudaimonia – de eu (qui signifie « bon ») et daimon (à l'époque on croyait que chacun portait en lui une sorte de « génie personnel intérieur », intermédiaire entre les dieux et les mortels, qui inspirait les jugements et les actions).
L'instinct du risque

Article de la LLEH du 05/06/2004
Qui peut savoir avec certitude ce qui va se passer dans quelques minutes ? Depuis l’instant où nous nous réveillons le matin jusqu’au moment où nous nous couchons le soir, vivre comporte toujours une part d’incertitude. Et la nuit, lorsque nous dormons, qui peut savoir si le plafond de la chambre à coucher ne lui tombera pas sur la tête ? Vivre n’est donc jamais dénué de risque. Cette évidence pourrait nous faire frémir. Pourtant, souvent, nous provoquons des situations où le danger semble sciemment recherché. C’est alors que nous prenons des décisions sans en mesurer les conséquences. Nous fumons notre cigarette, nous traversons la rue sans regarder, nous roulons trop vite ou nous brûlons le feu orange. Comme si, à l’instar des petits enfants qui s’amusent à inventer des méchants loups, nous avions besoin de créer du risque afin de pouvoir l’assouvir d’une manière calculée et contrôlée.
La peur qui fait vendre

Article de Psychologie Magazine Belgique - Décembre 2010
L'hiver approche et, avec lui, une kyrielle de maladies. Le temps est venu de se protéger, nous dit-on. D'autant plus que nous vivons une époque dangereuse. Nos maisons sont envahies par des microbes en tous genres. Il faut donc nous laver les mains, souvent ; éviter les contacts, désinfecter tout ce que nous touchons, purifier l'air que nous respirons, porter un masque. Et, si ces précautions ne suffisent pas, nous pouvons nous faire vacciner ou prendre des antibiotiques, à titre préventif bien sûr.
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Nourrir le corps et l'esprit

Article de la LLEH du 08/05/2004
L’Ayurveda est née en Inde il y a plus de cinq mille ans. Cette « Science de la Vie » constitue un ensemble de pratiques destinées à guérir l’individu dans sa globalité. Chaque être humain est considéré comme la combinaison unique de VATA, PI T TA et KA P H A, les trois énergies fondamentales (D O S H A S) qui animent le vivant. Selon la dominance de l’une des trois d’énergies, les individus présentent des caractéristiques morphologiques, physiologiques et psychologiques particulières. Kapha domine durant l’enfance, Pitta entre 20 et 50 ans, Vata après 60 ans. Un déséquilibre entre les trois énergies prédispose à des pathologies spécifiques.
L’alimentation favorise l’harmonie entre les trois doshas. Chaque saison étant dominée par l’une des trois énergies (Kapha au printemps, Pitta en été, Vata à l’automne et en hiver), il s’agira d’adapter son régime aux périodes de l’année.
Le paradoxe du travail

Article de Psychologie Magazine Belgique - Novembre 2010
Il est une croyance largement répandue selon laquelle nous serions plus heureux si nous pouvions travailler moins. Comme vous, sans doute, il m'arrive de penser que ma vie serait plus satisfaisante si j'avais davantage de loisirs. Et, pourtant, il semble que cela ne soit pas vrai. C'est ce que révèle une vaste enquête réalisée par le psychologue américain Mihaly Csikzentmihalyi. Car il ne faut pas confondre la satisfaction que nous éprouvons quand nous considérons les événements de notre vie avec recul et le réel contentement que nous ressentons lorsque nous sommes dans le feu de l'action. Pour éviter le biais des interprétations a posteriori, Csikzentmihalyi a demandé à des personnes de porter sur elles un petit boîtier électronique qui les obligeait à quantifier leur niveau de satisfaction et de bien-être, plusieurs fois au cours de la journée, en précisant si elles étaient en train de travailler ou, au contraire, de profiter d'un moment de loisir.
Changer c'est vivre
Article de la LLEH du 10/04/2004
« Il était une fois un pianiste qui vendit son Steinway de concert et se mit à voyager à travers le monde avant d’ouvrir une galerie d’art contemporain. Après avoir sacrifié sa jeunesse à entraîner ses doigts sur le clavier, chaque soir, de ville en ville, il ravissait les oreilles et les cœurs de son public. Puis, un soir, alors qu’il était au sommet de son art, son désir de jouer le quitta. Grippes à répétitions, crampes et malaises divers trahirent une tension qu’il feignit d’ignorer. Jusqu’au jour où un accident de voiture le contraint à plusieurs mois d’immobilité. Il ressentit alors comme un soulagement. Une permission de s’écouter. Le conflit interne qui l’habitait n’était sans doute pas étranger à la survenue de son accident. De manière surprenante, il n’avait pas ressenti la moindre joie lorsque le chirurgien lui avait annoncé que ses mains avaient été épargnées. Il fallait bien qu’il se l’avoue : il souhaitait en finir avec la trahison de lui-même, il voulait voyager, connaître la liberté et laisser s’exprimer son être le plus profond. Remis de ses blessures, il se mit à parcourir le monde pour, un jour, s’installer, à Sienne, en Italie. Après des années de voyage au cœur de lui-même, il avait compris que, si l’art était indispensable à sa vie, il ne voulait pas « faire l’artiste ». Il souhaitait « être un artiste » et réaliser ce qu’il y a de plus noble et de plus douloureux pour un créateur : détruire les solutions trouvées pour en découvrir d’autres plus exigeantes. Le pianiste était devenu l’auteur de la plus magistrale des œuvres d’art : sa propre vie. »
Le bon choix

Article de Psychologie Magazine Belgique - Octobre 2010
Acquérir une voiture, commander un canapé, essayer une paire de chaussures, acheter un vêtement, pour certaines personnes il s'agit d'un exercice difficile. Elles doutent, elles hésitent, elles voudraient être assurées de faire le bon choix, ce qu'elles considèrent être le meilleur choix. Longtemps, j'ai fait partie de ces gens torturés, en quête d'excellence et de perfection. Faire des courses était devenu unvéritable cauchemar. Jusqu'au jour où j'ai décidé de ne plus me poser vingt mille questions et de me satisfaire de mes trouvailles. Mes choix n'étaient plus les meilleurs ; ils étaient simplement bons pour moi et suffisants.
Corps et âme

Article de la LLEH du 06/03/2004
C’est Wilhelm Reich qui le premier proposa de considérer le corps comme le résultat de notre évolution psychologique. Dans les années 40, son analyse des caractères corrélée avec ses observations des principaux types morphologiques crée une théorie originale. Élève de Reich, le médecin et psychanalyste américain Alexander Lowen compléta ses travaux et proposa une théorie psychosomatique basée sur les interactions entre l’énergie psychique et le corps. L’Analyse Bioénergétique de Lowen décrit cinq profils physiques en rapport avec cinq tendances psychologiques. Tout semble se passer comme si les expériences de notre vécu influençaient le développement neuro-musculaire de notre organisme. Ainsi, les émotions de notre passé sont inscrites dans les tensions de notre corps. Contractions, déviations, retraits et poussées influencent les lignes de notre anatomie et les contours de notre silhouette. Nos peurs et nos croyances se transmettant de génération en génération, nous héritons des traits de caractères et des particularités morphologiques de nos ancêtres. L’évolution de nos mentalités, les changements de notre perception du monde et de nous-mêmes conditionneraient donc des mutations morphologiques importantes et parfois rapides. C’est ce que les professionnels de l’industrie vestimentaire observent aujourd’hui : en une ou deux générations, non seulement
la taille moyenne mais aussi les proportions des hanches et des torses se sont considérablement modifiées.
Nombrilisme
Article de Psychologie Magazine Belgique - Septembre 2010
Estime de soi, développement personnel, quête du bonheur, travail psychologique, réflexion philosophique, ne serions-nous pas en train de regarder notre nombril d'un peu trop près ? C'est une question que je me pose, en tant qu'homme mais aussi en tant que médecin et psychothérapeute. L'idée n'est pas de nous accuser d'égocentrisme mais plutôt de comprendre pourquoi les questions psychologiques et philosophiques prennent une place croissante dans nos sociétés. Une partie de l'explication me paraît résider dans la manière confortable dont nous vivons. En effet, le confort a un prix. Performance, surenchère, stress et surmenage. Vitesse, déracinement et disparition des repères. Perte de sens, manque d'espoir et dépression. Le mal-être est important. Le besoin de remèdes est criant. Cela signifie-t-il que les préoccupations d'ordre psychologique et philosophique sont l'apanage des sociétés nanties comme la nôtre ?
La colère, rage de vie
Article de la LLEH du 29/11/2003
Les émotions, un atout Pourtant, au début des années 70, l’émergence de nouveaux paradigmes dément les théories rationalistes et déterministes. Les émotions se retrouvent alors au centre du concept d’une nature humaine informationnelle. Annoncée par Edgar Morin dans LE PARADIGME PERDU : LA NATURE HUMAINE, l’importance de notre dimension émotionnelle sera rapidement confirmée par les découvertes de la neurobiologie. Ainsi pour Antonio Damasio le constat est clair : ce qui perturbe les mécanismes cognitifs, ce n’est pas l’émotion, mais bien l’impossibilité d’en éprouver. Daniel Goleman le souligne dans L’INTELLIGENCE ÉMOTIONNELLE : « Si la violence des sentiments peut s’avérer catastrophique pour le raisonnement, leur méconnaissance peut être tout aussi désastreuse ». Abandonnant leur statut d’handicap, les émotions deviennent donc un atout. Bien plus, elles constituent la substance de notre identité humaine, la nature de notre âme, le moteur de notre existence.
Vivre décalé (NC été 2010)

Vivre décalé
C’est l’été, nous allons enfin pouvoir nous reposer. Le temps est venu de prendre des vacances. Chaque année, des millions de gens répètent ce rituel sans la moindre hésitation. Car la plupart d’entre nous en sommes convaincus : les beaux jours sont faits pour être chômés. Pourtant, d’après les chronobiologistes qui étudient l’évolution des rythmes de notre corps, il semble que nous nous trompons. Pour eux, l’été est la meilleure saison, non pas pour se reposer, mais pour travailler !
Et pour cause : la belle saison nous apporte des fruits et de légumes gorgés de soleil, de la lumière, des vitamines, et tout ce qu’il faut pour stimuler notre organisme. Nous sommes alors en pleine forme, débordant d’énergie pour accomplir les plus lourdes tâches. L’hiver, en revanche, notre alimentation est souvent carencée, nous manquons de lumière, nos défenses immunitaires sont moins performantes, l’activité de nos organes ralentit, notre corps est fragilisé, nous devenons plus sensible aux agents infectieux. Les statistiques le prouvent : le nombre des malades augmentent durant les mois froids et cette augmentation de morbidité est accompagnée d’un accroissement de la mortalité. C’est donc en hiver qu’il faudrait se reposer.
Pour les hommes aussi...

Article de la LLEH du 27/09/2003
Lorsqu’en 1902, Sigmund Freud crée la Société de psychanalyse, on était loin d’imaginer que l’ouverture des portes de l’inconscient déclencherait une véritable révolution dans la pensée occidentale. Un siècle plus tard, le langage psychologique fait partie intégrante de notre jargon quotidien. Les psychologues, psychiatres, psychanalystes et autres psychothérapeutes ont envahi les hôpitaux, les écoles, et même les entreprises où coatching et bilans de compétence sont devenus des outils au service de la renntabilité. Conférences, ateliers, séminaires, émission de télévision, livres et magazines consacrés à la psyché humaine prolifèrent d’une manière impressionnante. Initiée en Europe, cette révolution a mûri aux États-Unis où de nombreux thérapeutes trouvèrent asile durant la Seconde Guerre mondiale. Si l’Europe est longtemps restée fidèle aux préceptes de la psychanalyse, aux États-Unis de nombreux chercheurs se sont affranchis de l’orthodoxie freudienne et ont développé des approches très diverses. Ainsi, dans les années 60, l’intérêt pour les philosophies orientales, la libération féminine et la revalorisation du corps ont influencé un foisonnement d’idées novatrices. Les bases d’un changement culturel et sociétal très profond étaient posées. Aujourd’hui, on recense plus de 400 écoles et méthodes psy différentes. Le monde dans lequel nous vivons est devenu un immense laboratoire où l’on tente de redéfinir l’être humain et sa civilisation.

